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  <title>Le blog de Pierre Forthomme</title>
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  <tagline type="text/plain" mode="escaped">Le blog de Pierre Forthomme, du cabinet Forthomme et Associés</tagline>
  
  <modified>2008-01-26T14:17:43+01:00</modified>
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  <title>Verticalité, horizontalité et confiance en l'avenir</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2008/01/26/32-verticalite-horizontalite-et-confiance-en-lavenir" />
  <issued>2008-01-26T14:17:43+01:00</issued>
  <modified>2008-01-26T14:17:43+01:00</modified>
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  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Au delà des frontières</dc:subject>
  <summary>J’ai été récemment invité à témoigner, dans le cadre d’une émission de France Inter (voir références en fin de billet), sur l’intérêt de l’expérience Suédoise en matière de lutte contre l’exclusion, le chômage et la pauvreté.
Il est vrai que depuis une quinzaine d’année, et après une période difficile au début des années quatre vingt dix, la Suède réussi objectivement sur ces questions beaucoup mieux que la France.  Il n’est donc pas inutile de regarder ce qui s’y passe : le taux de chômage y est nettement plus bas, la pauvreté, l’exclusion ne prennent en aucun cas les formes manifestes, violentes, inquiétantes telles que nous les vivons chez nous et surtout et c’est pour moi le point capital, la confiance en l’avenir y est considérablement plus forte : la peur d’être laissé sur le bord du chemin n’est manifestement pas une inquiétude collective…


Et pourtant…</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;J&amp;#8217;ai été récemment invité à témoigner, dans le cadre d&amp;#8217;une émission de France Inter (voir références en fin de billet), sur l&amp;#8217;intérêt de l&amp;#8217;expérience Suédoise en matière de lutte contre l&amp;#8217;exclusion, le chômage et la pauvreté.
Il est vrai que depuis une quinzaine d&amp;#8217;année, et après une période difficile au début des années quatre vingt dix, la Suède réussi objectivement sur ces questions beaucoup mieux que la France.  Il n&amp;#8217;est donc pas inutile de regarder ce qui s&amp;#8217;y passe&amp;nbsp;: le taux de chômage y est nettement plus bas, la pauvreté, l&amp;#8217;exclusion ne prennent en aucun cas les formes manifestes, violentes, inquiétantes telles que nous les vivons chez nous et surtout et c&amp;#8217;est pour moi le point capital, &lt;em&gt;la confiance en l&amp;#8217;avenir&lt;/em&gt; y est considérablement plus forte&amp;nbsp;: la peur d&amp;#8217;être laissé sur le bord du chemin n&amp;#8217;est manifestement pas une inquiétude collective&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et pourtant&amp;#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pourtant la Suède est un petit pays de neuf million d&amp;#8217;habitants, sans richesses naturelles particulières. Depuis des décennies, pour rester compétitif au plan international, il a été contraint, plus massivement encore que la France de renforcer toujours plus la performance de son économie et la productivité de ses emplois&amp;nbsp;: les réformes, les transformations du marché du travail y ont été plus massives, plus violentes, plus radicales qu&amp;#8217;en France. Les pouvoir publics (socio-démocrates) n&amp;#8217;ont pas hésité au cours de la dernière décennie à sacrifier des pans entiers de l&amp;#8217;économie, là ou ils considéraient que les emplois, dans le secteur public notamment, n&amp;#8217;avaient pas d&amp;#8217;avenir et représentaient plus des coûts pour la société que des sources de création de richesse par l&amp;#8217;exportation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comment alors expliquer que le regard subjectif que les sociétés françaises et suédoises portent sur la mondialisation et ses conséquences - opportunité pour les suédois, menace pour les français - soit si diamétralement opposé&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour moi, ces deux pays se situent sur deux polarités opposées en matière de façon de penser la société. La France représente ce que l&amp;#8217;on peut appeler une &lt;strong&gt;société verticale&lt;/strong&gt;. C'est-à-dire une société dans laquelle les échanges significatifs sont ceux qui, dans les représentations collectives ont lieu entre un (supposé) «&amp;nbsp;sommet&amp;nbsp;» et une «&amp;nbsp;base&amp;nbsp;». La hiérarchie (là encore supposée) des talents, des statuts, des rangs, continue à y jouer un rôle important. Les rapports sont perçus comme asymétriques et lorsque deux acteurs sont amenés à coopérer (un manager et son collaborateur, un élu et un administré) l&amp;#8217;un est supposé avoir le pouvoir, l&amp;#8217;autre pas. La conséquence principale de cette façon de voir les choses, c&amp;#8217;est que tant que le «&amp;nbsp;sommet&amp;nbsp;» ne bouge pas, rien ne bouge parce que «&amp;nbsp;en bas&amp;nbsp;» on attend son signal.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La Suède est au contraire un modèle relativement abouti de &lt;strong&gt;société horizontale&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: les relations significatives sont celles qui se déroulent entre pairs c&amp;#8217;est à dire à l&amp;#8217;horizontale entre acteurs supposés détenir le même pourvoir, le même rang, la même capacité à participer à la décision parce que chacun est porteur d&amp;#8217;un talent spécifique avec lequel il contribue au travail collectif. Ceci s&amp;#8217;observe très nettement dans l&amp;#8217;entreprise, où au fond, le bon manager est d&amp;#8217;abord celui qui sait faire émerger l&amp;#8217;intelligence collective de l&amp;#8217;équipe. C&amp;#8217;est aussi très nettement manifeste dans l&amp;#8217;enseignement, où, des l&amp;#8217;école primaire l&amp;#8217;écolier suédois apprend que l&amp;#8217;instituteur n&amp;#8217;a pas le monopole du savoir et est encouragé à s&amp;#8217;appuyer sur ses camarades pour apprendre et progresser.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans un tel système, le citoyen fait très tôt l&amp;#8217;expérience qu&amp;#8217;il est naturellement en capacité d&amp;#8217;avoir une influence sur le cours des choses. Certes, son influence est partielle, effective seulement si elle s&amp;#8217;agrège intelligemment avec celle des autres, mais, en aucun cas, elle ne dépend du bon vouloir d&amp;#8217;une autorité que se situerait au dessus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans le système français, en revanche, ce sentiment d&amp;#8217;autonomie, de confiance que je peux influer sur les décisions collectives, et en particulier sur celles qui me concernent, est sans doute moins présent. Ce qui à mon sens génère plus de doutes, plus d&amp;#8217;insécurités et au total une moins grande confiance chez chacun de trouver en lui même, les capacités et ressources pour s'en sortir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La société française est elle alors condamnée à rester sur cette position finalement défensive&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je ne le crois pas. La caractéristique d&amp;#8217;une société verticale est le rôle qu'y joue son «&amp;nbsp;sommet&amp;nbsp;». A partir du moment où celui accepte de s&amp;#8217;ouvrir aux influences extérieures, accepte qu&amp;#8217;il y ai, en son sein du débat et une représentation de la diversité des sensibilités de la société, c'est-à-dire qu&amp;#8217;il soit lui-même à l&amp;#8217;image de la société dans son ensemble, alors il devient vecteur de changement puissant. Les transformations se font alors finalement plus vite même que dans les sociétés horizontales qui peuvent parfois se perdre dans une forme de conformisme générée par la recherche sans fin de consensus.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;références&amp;nbsp;: il s&amp;#8217;agit de l&amp;#8217;émission «&amp;nbsp;rue des entrepreneurs&amp;nbsp;» diffusée sur France Inter le samedi 12 Janvier 2008 de 9h10 à 10h00 et accessible sur internet.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;www.radiofrance.fr/franceinter/em/ruedesentrepreneurs/pres.php&lt;/p&gt;</content>
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  <title>La Suède et les Suédois : un regard aux sources du modèle</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/10/05/31-la-suede-et-les-suedois-un-regard-au-sources-du-modele" />
  <issued>2007-10-05T10:49:31+02:00</issued>
  <modified>2007-10-05T10:49:31+02:00</modified>
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  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Au delà des frontières</dc:subject>
  <summary>La Suède est mon deuxième pays. Pays de mon épouse d'abord et terre de ressourcement depuis des années pour toute la famille, pendant les vacances d'été. Et puis, la décision a muri et c'est tout naturellement qu' après plus d'une décénnie de vie parisienne, nous avons décidé de quitter les lumières de la ville pour rejoindre les rives de l'archipel intérieur de la région de Stockholm.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;La Suède est mon deuxième pays. Pays de mon épouse d'abord et terre de ressourcement depuis des années pour toute la famille, pendant les vacances d'été. Et puis, la décision a muri et c'est tout naturellement qu' après plus d'une décénnie de vie parisienne, nous avons décidé de quitter les lumières de la ville pour rejoindre les rives de l'archipel intérieur de la région de Stockholm.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour moi,  c'est évidement une vie d' &quot;euro-commuter&quot; qui commence, mais ce n'est pas mon propos aujourd'hui.  L'idée dans le billet qui suit - qui est en fait le compte rendu réalisé par l'Ecole de Paris du management (www.ecole.org) d'une conférence que j'ai donné le 8 Juin dernier - c'est simplement de faire partager les raisons de ce choix.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;http://www.forthomme.net/docs/le_modele_suedois.pdf&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Les interactions par delà les frontières culturelles</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/06/29/30-les-interactions-par-dela-les-frontieres-culturelles" />
  <issued>2007-06-29T18:11:14+02:00</issued>
  <modified>2007-06-29T18:11:14+02:00</modified>
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  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Au delà des frontières</dc:subject>
  <summary>J'ai, l'an dernier, effectué une mission de conseil extrêmement stimulante en Russie et j’ai eu envie de la décrire dans le cadre d’un article.
Au menu: la problématique culturelle, toujours, dans l’entreprise et une question : Comment manager au-delà des frontières ?...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;J'ai, l'an dernier, effectué une mission de conseil extrêmement stimulante en Russie et j&amp;#8217;ai eu envie de la décrire dans le cadre d&amp;#8217;un article.
Au menu: la problématique culturelle, toujours, dans l&amp;#8217;entreprise et une question&amp;nbsp;: Comment manager au-delà des frontières&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Voici le lien sur le Site Forthomme &amp;amp; Associés: http://www.forthomme.net/docs/expansion-interactions-frontieres.pdf&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Faites chauffer de l’eau ! histoire d’une naissance à la maison …</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/05/23/29-faites-chauffer-de-leau-histoire-dune-naissance-a-la-maison" />
  <issued>2007-05-23T16:48:50+02:00</issued>
  <modified>2007-05-23T16:48:50+02:00</modified>
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  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Intelligence collective</dc:subject>
  <summary>C’était il y a un an. Nous en avions rêvé et nous l’avons fait ! Après deux accouchements opérés sous la tutelle protectrice et rassurante de grands hôpitaux parisiens, naissance d’un désir partagé chez Maria et moi de vivre ce moment de vie si unique dans l’intimité et la douceur du domicile familial...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;C&amp;#8217;était il y a un an. Nous en avions rêvé et nous l&amp;#8217;avons fait&amp;nbsp;! Après deux accouchements opérés sous la tutelle protectrice et rassurante de grands hôpitaux parisiens, naissance d&amp;#8217;un désir partagé chez Maria et moi de vivre ce moment de vie si unique dans l&amp;#8217;intimité et la douceur du domicile familial...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Projet qui émerge chez Maria, après quelques mois de grossesse. Souvenir des premières naissances&amp;#8230;Gaïa, notre fille première née,  il y a  presque 9 ans déjà.  Chambre réservée à Saint Vincent de Paul, les premières contractions et le départ en catastrophe pour la maternité. Inquiétudes, incertitudes, les battements de c&amp;#339;ur un peu trop rapides du bébé in utero, renvoyés, amplifiés, par les inquiétants signaux  du  monitoring&amp;#8230;l&amp;#8217;équipe soignante s&amp;#8217;affaire, diagnostique, décide. C&amp;#8217;est pro, efficace, organisé. J&amp;#8217;assiste impuissant à ce mystérieux ballet. Maria se laisse guider, ankylosée et épuisée à l&amp;#8217;issue de toutes ces heures passées sur ce lit de travail, harnachée et contrainte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et puis finalement, le bébé parait, fatigué lui aussi de ce long combat. Quelques minutes sur le ventre de maman et puis, en moins de temps qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;est faut pour le dire il est récupéré, pris en main, pesé, sous pesé, testé de tous les cotés &lt;em&gt;and , last but not least,&lt;/em&gt; lavé, nettoyé, toiletté avec application, langé, habillé, j&amp;#8217;oserais presque dire enregistré et  estampillé&amp;#8230; comme s&amp;#8217;il fallait au plus vite faire disparaître toute trace de sa nature sauvage et animale pour domestiquer rapidement le petit d&amp;#8217;homme&amp;#8230;.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;18 mois plus tard, bis repetita&amp;nbsp;! mais cette fois ci, nous avons l&amp;#8217;expérience&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette fois ci nous savons que les premières contractions n&amp;#8217;annoncent pas nécessairement l&amp;#8217;imminence de l&amp;#8217;accouchement et qu&amp;#8217;il vaut mieux rester libre de ses mouvements, à l&amp;#8217;extérieur de l&amp;#8217;hôpital,  le plus longtemps possible pour se rassasier pleinement de cette ultime attente. A tel point, qu&amp;#8217;à quelques mètres de Port Royal, nous décidons finalement de rebrousser chemin pour  trouver refuge quelques instants, au bar du  &lt;em&gt;Bullier&lt;/em&gt;, ou Maria décidera de  s&amp;#8217;octroyer  un dernier &lt;em&gt;expresso&lt;/em&gt;,  ingurgité, tant bien que mal, entre deux contractions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette fois ci nous savons que très vraisemblablement, nous serons une nouvelle fois pris en charge par une équipe soignante hyper-compétente, engagée, rassurante, et qu&amp;#8217;il suffira de s&amp;#8217;en remettre à son jugement si les choses sont un peu difficiles&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette fois ci, enfin, je n&amp;#8217;ai pas oublié le brumisateur, pour rafraîchir le front de Maria,  et apaiser sa sensation de soif (et oui, pas question de boire ne serais-ce qu&amp;#8217;un demi verre d&amp;#8217;eau à partir du moment où la catétaire pour la péridurale a été installé) et,  avoir finalement quelque chose  à faire et ne pas rester les bras ballants quand les choses se passent&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et  d&amp;#8217;ailleurs, cette fois ci  les choses se passent bien. En ce 27 Mars 1999,  un enfant mâle de nature bélier, déterminé et fonceur, déboule bille en tête, après une dernière série de contractions douloureuses certes (la péridurale n&amp;#8217;a curieusement anesthésié que le flanc gauche de Maria) mais au combien libératrices.
Les années ont passé. Sommes nous plus confiants, plus sereins ou tout simplement plus reliés à cette boussole intérieure qui, lorsque que l&amp;#8217;on ose l&amp;#8217;écouter, nous indique le Nord,  Notre Nord, avec plus d&amp;#8217;exactitude et de justesse qu&amp;#8217;aucune référence extérieure.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Oser sans agressivité ni violence mettre de coté les injonctions du corps médical, se libérer de la peur du jugement des parents, des amis et de la société dans son ensemble, dont les diktats subtils et bienveillants nous protègent et nous enferment tout à la fois.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C&amp;#8217;est cela et aussi la rencontre avec des passeurs magnifiques, qui nous a conduit en ce jour du mois de Mai de cette année, à nous préparer à accueillir &lt;em&gt;à la maison&lt;/em&gt; le troisième oisillon.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis plusieurs mois déjà, Maria se prépare avec Marie, sage-femme, spécialisée dans les accouchements à domicile. Préparation physique, physiologique, mais aussi, le mot est mal choisi, mentale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Préparation pour  faire descendre chez Maria, cette confiance en la mémoire de l&amp;#8217;enfantement , imprimée dans son corps de femme, au plus profond de ses cellules.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Préparation pour  faire émerger cette conscience des gestes, des postures et des rythmes respiratoires qui vont accompagner, faciliter l&amp;#8217;ouverture du chemin de l&amp;#8217;enfant vers la Vie et vers la Terre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Préparation pour &lt;em&gt;préparer l&amp;#8217;homme&lt;/em&gt; aussi, pour qu&amp;#8217;il soutienne, valide le choix de sa compagne  et tienne pleinement son rôle pendant l&amp;#8217;accouchement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lorsque les premières contractions se font sentir, nous finalisons les derniers préparatifs&amp;nbsp;: envoi des deux aînés chez des amis, préparation de la «&amp;nbsp;salle d&amp;#8217;accouchement&amp;nbsp;», vérification que chaque chose est bien à sa place, conformément aux indications de Marie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le temps est d&amp;#8217;ailleurs venu de l&amp;#8217;appeler. Elle arrive, rapidement, et, avec une infinie douceur, commence à prodiguer, par petites touches presque imperceptibles, les paroles et les gestes qui vont accompagner Maria jusqu&amp;#8217;à la délivrance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La douleur est très forte, et avec elle la peur et le doute, comme la première fois. Mais forte aussi est la confiance en ses propres forces. Répétant d&amp;#8217;instinct les gestes ancestraux de lignées de femmes avant elle et  prenant pleinement appui sur le sol,  Maria, dans un même mouvement, accueille à la Vie cette vie qu&amp;#8217;elle portait en elle et la couche sur son ventre libéré.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Combien de temps vont durer ces instants, Maria, l&amp;#8217;enfant qui vient de naître, encore relié à sa mère, et moi, enlacés dans cette étreinte première.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Est-il possible de coacher une princesse ?</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/04/30/25-est-il-possible-de-coacher-une-princesse" />
  <issued>2007-04-30T16:08:35+02:00</issued>
  <modified>2007-04-30T16:08:35+02:00</modified>
  <id>http://www.blog-de-pierre.net/?2007/04/30/25-est-il-possible-de-coacher-une-princesse</id>
  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Talents individuels</dc:subject>
  <summary>La scène s’est déroulée dans mon bureau il y a quelques années. J’avais été informé en avance que je recevrai la visite d’une « certaine princesse », nous l’appellerons Helena, qui souhaitait me rencontrer sur la base de la recommandation d’une de mes relations assez éloignées.
Acte manqué, appréhension de ma part, je décide de la recevoir non pas dans mon bureau de coaching, mais dans notre grande salle de réunion dont le style conviendrait mieux, me disais-je, à la personne que je me préparais à rencontrer pour éventuellement commencer un travail d’accompagnement...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;La scène s&amp;#8217;est déroulée dans mon bureau il y a quelques années. J&amp;#8217;avais été informé en avance que je recevrai la visite d&amp;#8217;une «&amp;nbsp;certaine princesse&amp;nbsp;», nous l&amp;#8217;appellerons Helena, qui souhaitait me rencontrer sur la base de la recommandation d&amp;#8217;une de mes relations assez éloignées.
Acte manqué, appréhension de ma part, je décide de la recevoir non pas dans mon bureau de coaching, mais dans notre grande salle de réunion dont le style conviendrait mieux, me disais-je, à la personne que je me préparais à rencontrer pour éventuellement commencer un travail d&amp;#8217;accompagnement...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La personne qui s&amp;#8217;assoit en face de moi, est, à n&amp;#8217;en pas douter, une personne consciente de son rang. Le port de tête, le menton très légèrement en avant, une certaine façon de se tenir droite. En général, je cherche à créer au cours de la première rencontre une atmosphère détendue, l&amp;#8217;idée étant de créer une relation de proximité et de confiance pour permettre à la personne d&amp;#8217;aborder sereinement les raisons de sa demande d&amp;#8217;accompagnement.
La demande formulée par ma cliente &amp;#8211; l&amp;#8217;aider à préciser le projet de Fondation sur lequel elle réfléchit depuis plusieurs années &amp;#8211; ne me convainc guère. Je me demande quelle valeur ajoutée supplémentaire je pourrais bien apporter à côté de la nuée de conseillers de tous ordres, avocats, conseils juridiques, secrétaire particulier,&amp;#8230; qui gravitent autour de la Princesse.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Plus la discussion avance, plus je me sens enfermé, pris au piège dans un rôle qu&amp;#8217;elle semble d&amp;#8217;ores et déjà m&amp;#8217;avoir attribué, quelque chose qui se situerait entre l&amp;#8217;homme de compagnie et l&amp;#8217;hagiographe officiel.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je suis pourtant habitué à ces moments de «&amp;nbsp;sidération&amp;nbsp;» au cours desquels il arrive qu&amp;#8217;un client prenne littéralement possession de son  coach, au point de lui retirer toute capacité de prise de distance, de discernement et surtout de maîtrise du cadre relationnel qui détermine la capacité de celui-ci à faire son travail.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Comme toujours en pareil cas, je vais chercher la recommandation d&amp;#8217;un de mes maîtres  qui m&amp;#8217; invitait  non pas à combattre l&amp;#8217;inconfort généré par la situation mais au contraire à prendre appui sur  lui, pour en faire un  outil au service de la relation d&amp;#8217;accompagnement. Comment&amp;nbsp;? En verbalisant et en permettant à l&amp;#8217;autre d&amp;#8217;avoir accès à ce que l&amp;#8217;on contacte dans la relation, afin d&amp;#8217;en faire «&amp;nbsp;quelque chose qui relie&amp;nbsp;» plutôt que «&amp;nbsp;quelque chose qui sépare&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Me mettant pleinement à l&amp;#8217;écoute de ce que je ressens, je prends conscience que le malaise trouve sa source dans un sentiment d&amp;#8217;incapacité à avoir accès à autre chose que la &lt;em&gt;persona&lt;/em&gt; de ma cliente. La &lt;em&gt;persona&lt;/em&gt;, c&amp;#8217;est ce masque social qui parfois finit par usurper l&amp;#8217;identité réelle d&amp;#8217;un individu, le conduisant à se prendre pour celui qu&amp;#8217;il est aux yeux des autres et à ne plus savoir qui il est réellement.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout accompagnement véritable s&amp;#8217;appuie précisément sur la réappropriation par l&amp;#8217;individu de ce dialogue fécond entre l&amp;#8217;être en devenir et les rôles qui l&amp;#8217;habitent, qui ont participé à sa construction et dont il souhaite se défaire. C&amp;#8217;est précisément autour de la facilitation de ce dialogue que se structure le travail de l&amp;#8217;accompagnant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Je n&amp;#8217;étais pas certain que ma cliente se situait dans cette recherche. Comment alors sortir de cette impasse&amp;nbsp;?
Profitant d&amp;#8217;un moment où elle suspendit son monologue, je lui confirmais mon intérêt de l&amp;#8217;accompagner dans son projet. J&amp;#8217;ajoutais que, suite à cette première rencontre, il serait important que je puisse échanger, au cours de nos entretiens, non seulement avec «&amp;nbsp;la Princesse&amp;nbsp;» mais aussi avec «&amp;nbsp;Helena&amp;nbsp;», dont la participation allait jouer un rôle décisif dans la réussite de notre coopération et que je me permettrais de m&amp;#8217;adresser alternativement à l&amp;#8217;une ou à l&amp;#8217;autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette proposition fut suivie d&amp;#8217;un long silence entre &lt;em&gt;Helena&lt;/em&gt; et moi. Le travail pouvait commencer&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/images/cinecturlink/princessegrenouille&quot; alt=&quot;Princesse&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</content>
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<entry xml:lang="fr">
  <title>La tribu africaine et la multinationale…</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/04/05/24-la-tribu-africaine-et-la-multinationale" />
  <issued>2007-04-05T16:41:51+02:00</issued>
  <modified>2007-04-05T16:41:51+02:00</modified>
  <id>http://www.blog-de-pierre.net/?2007/04/05/24-la-tribu-africaine-et-la-multinationale</id>
  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Au delà des frontières</dc:subject>
  <summary>Il y a une bonne dizaine d’années je me souviens d’avoir entendu parler d’une affaire tout à fait surprenante. L’histoire se passait en Afrique, au Tchad, je crois, et elle mettait au prise un groupe pétrolier international et une tribu locale. Depuis toujours, cette tribu du désert tirait ses sources d’existence, dans cette contrée désolée, d’un « droit de péage » qu’elle demandait aux voyageurs et caravanes de s’acquitter lorsqu’ils traversaient son territoire...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Il y a une bonne dizaine d&amp;#8217;années je me souviens d&amp;#8217;avoir entendu parler d&amp;#8217;une affaire tout à fait surprenante. L&amp;#8217;histoire se passait en Afrique, au Tchad, je crois, et elle mettait au prise un groupe pétrolier international et une tribu locale. Depuis toujours, cette tribu du désert tirait ses sources d&amp;#8217;existence, dans cette contrée désolée, d&amp;#8217;un «&amp;nbsp;droit de péage&amp;nbsp;» qu&amp;#8217;elle demandait aux voyageurs et caravanes de s&amp;#8217;acquitter lorsqu&amp;#8217;ils traversaient son territoire...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand la compagnie à commencé les travaux de construction d&amp;#8217;un oléoduc, les représentants de la tribu ont exigé que l&amp;#8217;entreprise fasse de même. Considérant que ces pratiques relevaient du racket et du brigandage, la compagnie a refusé de payer au motif notamment que la tribu n&amp;#8217;avait aucun droit de propriété sur le territoire traversé sur son oléoduc. Il s&amp;#8217;en est suivi un cycle classique de violence, sabotages des installations d&amp;#8217;une part, recours à la force armée d&amp;#8217;autre part, chacun considérant qu&amp;#8217;il était dans son bon droit. Je ne sais d&amp;#8217;ailleurs pas comment l&amp;#8217;affaire s&amp;#8217;est terminée.
Pour moi cette histoire pose de manière exemplaire la question du «&amp;nbsp;relativisme culturel&amp;nbsp;» et de la coexistence de perspectives différentes qui sont parfois incompatibles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au risque d&amp;#8217;être un peu trivial, j&amp;#8217;aurais envie de reprendre la vision d&amp;#8217;Esope qui aurait peut-être pu dire que le relativisme culturel est à la fois la meilleure et la pire des choses.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La meilleure, parce qu&amp;#8217;il nous permet de prendre conscience que certains principes considérés comme universels ne sont finalement que l&amp;#8217;expression des valeurs et des croyances d&amp;#8217;un groupe qui, en raison de sa position dominante, impose d&amp;#8217;une manière consciente ou non sa vision du monde à l&amp;#8217;ensemble des membres de la société.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La pire, parce que si l&amp;#8217;on invoque le relativisme culturel pour considérer que «&amp;nbsp;tout se vaut&amp;nbsp;» et qu&amp;#8217;il est vain de vouloir rechercher les principes supérieurs dans lesquelles tout le monde pourrait se retrouver, alors il n&amp;#8217;y a plus de projet commun possible.
A mon sens, le relativisme culturel nous rappelle simplement que ce qui est vrai ici, pourrait très bien être faux ailleurs et que, en définitive, toute vérité est relative à un contexte donné.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si nous reprenons l&amp;#8217;exemple décrit plus haut, il me semble que la seule façon de sortir de l&amp;#8217;impasse c&amp;#8217;est d&amp;#8217;abandonner une logique du type «&amp;nbsp;je suis dans mon droit - il est dans son tort&amp;nbsp;» au profit d&amp;#8217;une logique «&amp;nbsp;je suis dans mon droit &amp;#8211; il est dans son droit&amp;nbsp;», donc recherchons ensemble une vérité plus profonde qui englobe nos deux contextes. Sinon, il ne me reste plus que le rapport de forces pour faire prévaloir ma vision du droit.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette question se pose à nous tous les jours dans nos sociétés devenues multiculturelles et dans les rapports internationaux entre pays. Dans mon expérience de consultant je la rencontre aussi beaucoup chez mes clients internationaux dont les organisations opèrent sur plusieurs ères culturelles. Régulièrement, la question que nous travaillons ensemble, est celle de savoir s&amp;#8217;ils peuvent, ou doivent, mettre en place des règles d&amp;#8217;éthique partagées. Et si oui, sur quelle base&amp;nbsp;?  Et comment faire la part des choses entre ce qui relèverait d&amp;#8217;une bonne conscience naïve selon laquelle le modèle dont je suis porteur est plus «&amp;nbsp;éthique&amp;nbsp;» que celui de l&amp;#8217;autre et la complaisance avec des pratiques, non acceptables de notre point de vue, sous prétexte qu&amp;#8217;elles sont ancrées dans la culture et l&amp;#8217;histoire locale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reconnaitre la validité du regard de l&amp;#8217;autre ce n&amp;#8217;est pas renoncer à ériger des principes supérieurs partagés, c&amp;#8217;est, au contraire, rechercher ce socle commun qui nous rassemble, cette «&amp;nbsp;unité dans la diversité&amp;nbsp;» comme nous y invitait Claude Levi Strauss.&lt;/p&gt;</content>
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<entry xml:lang="fr">
  <title>A propos de la flèche des Parthes et de la recherche de la ligne de moindre résistance</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/03/09/23-a-propos-de-la-fleche-des-parthes-et-de-la-recherche-des-lignes-de-moindre-resistance" />
  <issued>2007-03-09T11:40:41+01:00</issued>
  <modified>2007-03-09T11:40:41+01:00</modified>
  <id>http://www.blog-de-pierre.net/?2007/03/09/23-a-propos-de-la-fleche-des-parthes-et-de-la-recherche-des-lignes-de-moindre-resistance</id>
  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Talents individuels</dc:subject>
  <summary>Connaissez-vous « la flèche des Parthes » ?  J’avais un vague souvenir de cette expression, évoquée par l’un des professeurs de collège lors d’un cours d’histoire antique. Un de mes clients récemment me la fit redécouvrir alors que contre toute attente après une première séance du coaching désastreuse il exprima une demande de commencer le travail d’accompagnement avec moi...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Connaissez-vous «&amp;nbsp;la flèche des Parthes&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?  J&amp;#8217;avais un vague souvenir de cette expression, évoquée par l&amp;#8217;un des professeurs de collège lors d&amp;#8217;un cours d&amp;#8217;histoire antique. Un de mes clients récemment me la fit redécouvrir alors que contre toute attente après une première séance du coaching désastreuse il exprima une demande de commencer le travail d&amp;#8217;accompagnement avec moi...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;«&amp;nbsp;La flèche des Parthes&amp;nbsp;» (merci, Wikipédia), fait référence à une tactique célèbre utilisée autrefois par les Parthes et par d&amp;#8217;autres peuples d&amp;#8217;Asie centrale. Les Parthes étaient des guerriers à cheval, des archers en l&amp;#8217;occurrence, capable de continuer à tirer pendant qu&amp;#8217;ils rompaient le combat et s&amp;#8217;enfuyaient. Fuyant ainsi au galop, le guerrier Parthe se retourne, pivote de 180 degrés et décoche sa flèche sur l&amp;#8217;ennemi situé derrière lui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Revenons maintenant à la situation que j&amp;#8217;évoquais en introduction. Il s&amp;#8217;agissait d&amp;#8217;un contexte de «&amp;nbsp;coaching prescrit&amp;nbsp;», comme nous les appelons dans notre jargon professionnel.  En d&amp;#8217;autres termes, la personne que je rencontrais m&amp;#8217;avait été envoyée par son supérieur hiérarchique et ne faisait pas la démarche de sa propre initiative. Son patron se plaignait de son manque de coopération et de son refus de s&amp;#8217;engager pleinement à ses côtés.  Il  avait chargé son responsable ressources humaines de lui «&amp;nbsp;trouver un coach&amp;nbsp;» pour remédier au problème.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un rendez-vous est donc convenu entre nous pour une première séance exploratoire. Je savais, comme c&amp;#8217;est l&amp;#8217;usage dans ce genre de situations, que le DRH  qui m&amp;#8217;avait envoyé ce collaborateur lui avait très certainement donné la possibilité de rencontrer un autre coach et de choisir celui qui lui semblerait le plus approprié. C&amp;#8217;était une époque où j&amp;#8217;étais relativement novice dans le métier et j&amp;#8217;avais à c&amp;#339;ur de montrer que j&amp;#8217;étais celui qui lui fallait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La séance démarre. L&amp;#8217;homme en face de moi est raide, manifestement fâché de se trouver dans cette situation et ne cache pas son désaccord profond sur les raisons de sa présence dans mon cabinet. L&amp;#8217;entretien prévu pour 1 heure se déroule péniblement. A mes questions, que je pensais ouvertes et accueillantes, je n&amp;#8217;obtiens que des réponses laconiques suivies de plus en plus souvent d&amp;#8217;un silence assez pesant entre nous. Clairement, l&amp;#8217;alliance ne se met pas en place.  J&amp;#8217;explore intérieurement les raisons possibles de cette «&amp;nbsp;résistance&amp;nbsp;». Des questions trop intrusives de ma part&amp;nbsp;?  un malentendu sur le sens du travail que nous pouvons effectuer ensemble, mon interlocuteur percevant peut être le coaching  comme une tentative supplémentaire de la part de son patron de le faire plier et non pas comme une opportunité pour lui de reprendre l&amp;#8217;initiative et d&amp;#8217;ouvrir le jeu  dans la gestion d&amp;#8217;une relation hiérarchique insatisfaisante pour chacun des deux partenaires&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La séance se termine. Je m&amp;#8217;apprête à raccompagner mon visiteur.  J&amp;#8217;enrage intérieurement, contre moi-même et mon incapacité à établir un rapport de confiance avec lui,   contre le DRH qui m&amp;#8217;a recommandé sur cette mission, contre mon visiteur enfin qui s&amp;#8217;est montré si peu coopératif.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Alors qu&amp;#8217;il est sur le pas de la porte, je m&amp;#8217;entends lui dire  que je ne pense pas être le bon coach pour travailler avec lui, que je crois qu&amp;#8217;il est important de travailler avec quelqu&amp;#8217;un qui sache gagner sa confiance, que je me rends compte que nous n&amp;#8217;avons manifestement pas réussi à établir cette confiance et que, par conséquent, je ne me sens pas en mesure d&amp;#8217;apporter une quelconque contribution pour travailler sa situation.
Nous nous serrons la main et nous quittons sur ces mots. Une semaine plus tard, j&amp;#8217;ai la surprise d&amp;#8217;écouter sur ma boîte vocale un message de sa part, me proposant de le recontacter pour prendre un nouveau rendez-vous. Lorsque nous nous revoyions il me dit à quel point je l&amp;#8217;avais convaincu, avec «&amp;nbsp;ma flèche des Parthes&amp;nbsp;», décochée sur le pas de la porte&amp;nbsp;! Ce qui aurait pu être perçu comme un aveu de défaite, était en fait pour lui une parole authentique, libérée de l&amp;#8217;exercice imposé dans lequel nous nous étions tous les deux enferrés, et qui lui montrait qu&amp;#8217;il pouvait m&amp;#8217;accorder sa confiance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Parfois on associe cette «&amp;nbsp;flèche des Parthes&amp;nbsp;» à une remarque perfide, décochée à la dernière minute, alors que votre interlocuteur a déjà commencé à baisser sa garde,  dans le but de s&amp;#8217;assurer la victoire par des moyens finalement peu fair play. Il est possible d&amp;#8217;y voir cela. On peu aussi y voir, comme mon client, ce moment où, parce que l&amp;#8217;on arrête de vouloir quelque chose trop fort, on laisse venir ce qui est juste. Ce moment où, comme me le disait récemment un de mes maîtres, l&amp;#8217;on a «&amp;nbsp;usé la volonté par l&amp;#8217;exercice d&amp;#8217;une volonté encore plus forte&amp;nbsp;».  Et c&amp;#8217;est à ce moment là que notre tir devient précis et que nous atteignons notre cible.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/images/cinecturlink/Statue_Parthe&quot; alt=&quot;Statue&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</content>
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<entry xml:lang="fr">
  <title>Pour en finir avec les stéréotypes culturels dans les affaires</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/02/14/22-pour-en-finir-avec-des-stereotypes-culturels-dans-les-affaires" />
  <issued>2007-02-14T15:11:47+01:00</issued>
  <modified>2007-02-14T15:11:47+01:00</modified>
  <id>http://www.blog-de-pierre.net/?2007/02/14/22-pour-en-finir-avec-des-stereotypes-culturels-dans-les-affaires</id>
  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Au delà des frontières</dc:subject>
  <summary>« Inutile de chercher à joindre un businessman russe le dimanche entre 11 heures et 14 heures : il est aux « banya », ces bains de vapeur où les hommes se retrouvent pour parler affaires (…) si on vous invite, prenez-le comme un très bon signe (…), à l’issu de ce rituel vous serez des leurs ».


Ce commentaire est extrait, parmi d’autres de même nature, d’un dossier sur la vie des affaires en Russie réalisé récemment par un grand magazine économique français.


Depuis plus de 15 ans que j’accompagne des entreprises dans leur développement à l’international je reste frappé de voir à quel point le besoin de construire des stéréotypes est tenace. Ce besoin est par ailleurs encouragé par des publications, parfois très respectables, consacrés aux normes de comportement de nos partenaires étrangers. On y apprend par exemple (évidement je force le trait) que « dans les affaires, les Allemands sont perfectionnistes, obstinés, rationnels et loyaux », que « « Les Polonais sont attentifs à la courtoisie », « Les Britanniques sont pragmatiques »  etc, etc, etc…</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Inutile de chercher à joindre un businessman russe le dimanche entre 11 heures et 14 heures&amp;nbsp;: il est aux «&amp;nbsp;banya&amp;nbsp;», ces bains de vapeur où les hommes se retrouvent pour parler affaires (&amp;#8230;) si on vous invite, prenez-le comme un très bon signe (&amp;#8230;), à l&amp;#8217;issu de ce rituel vous serez des leurs&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce commentaire est extrait, parmi d&amp;#8217;autres de même nature, d&amp;#8217;un dossier sur la vie des affaires en Russie réalisé récemment par un grand magazine économique français.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Depuis plus de 15 ans que j&amp;#8217;accompagne des entreprises dans leur développement à l&amp;#8217;international je reste frappé de voir à quel point le besoin de construire des stéréotypes est tenace. Ce besoin est par ailleurs encouragé par des publications, parfois très respectables, consacrés aux normes de comportement de nos partenaires étrangers. On y apprend par exemple (évidement je force le trait) que «&amp;nbsp;dans les affaires, les Allemands sont perfectionnistes, obstinés, rationnels et loyaux&amp;nbsp;», que «&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Les Polonais sont attentifs à la courtoisie&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Les Britanniques sont pragmatiques&amp;nbsp;»  etc, etc, etc&amp;#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je comprends ce besoin. Lorsque nous travaillons à l&amp;#8217;étranger et que nous sommes confrontés à un environnement que nous ne maîtrisons pas (ou pas complètement), il est logique de chercher à réduire l&amp;#8217;incertitude et de nous créer de nouveaux repères pour nous orienter et prendre des bonnes décisions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est par ailleurs juste de reconnaître que ces «&amp;nbsp;stéréotypes&amp;nbsp;» ne sont pas dénués de fondement. Ils s&amp;#8217;appuient sur la généralisation d&amp;#8217;expériences concrètes, qui décrivent des comportements observables, notamment, dans les affaires.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour moi, le problème que pose cette façon d&amp;#8217;appréhender le management interculturel n&amp;#8217;est pas dû au fait qu&amp;#8217;elle repose sur l&amp;#8217;identification de patterns culturels, car, effectivement, ils existent, chaque culture se structurant selon une logique qui lui est propre. Le problème est celui de l&amp;#8217;interprétation et de la signification qu&amp;#8217;on leur attribue.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En effet, si il est facile d&amp;#8217;observer un comportement, il est beaucoup plus difficile d&amp;#8217;en comprendre la signification réelle et dans ce domaine force est de constater l&amp;#8217;écart persistant entre l&amp;#8217;interprétation de ces patterns à destination des étrangers et la signification qu&amp;#8217;ils revêtent pour les nationaux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;J&amp;#8217;ai envie d&amp;#8217;illustrer cette réflexion par un exemple sur lequel j&amp;#8217;ai échangé avec ma collègue russe Irina qui, après une dizaine d&amp;#8217;année dans les RH en Russie, travaille maintenant comme consultante avec moi.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Reprenons l&amp;#8217;exemple donné au début de ce billet. Dans l&amp;#8217;expérience d&amp;#8217;Irina, être invité aux banyas n&amp;#8217;est en aucun cas un «&amp;nbsp;bon signe&amp;nbsp;» pour vos affaires avec vos partenaires russes. Ce n&amp;#8217;est d&amp;#8217;ailleurs pas non plus un mauvais signe de ne pas y être invité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En fait, la tradition du banya existe en Russie depuis plusieurs siècles mais c&amp;#8217;est seulement pendant l&amp;#8217;époque soviétique qu&amp;#8217;elle a acquis une signification particulière. En dehors des rencontres strictement amicales, les mafias de tous les milieux (les fonctionnaires, la milice, les voleurs) avaient pris l&amp;#8217;habitude de se rencontrer aux banyas pour échanger sur des sujets secrets et illégaux, d&amp;#8217;y introduire de nouveaux membres dans une ambiance conviviale et de «&amp;nbsp;se détendre&amp;nbsp;» sans leurs épouses (souvent avec des prostituées).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C&amp;#8217;est pourquoi la fréquentation des banyas était souvent connotée comme fréquentation des milieux suspects.  Aujourd&amp;#8217;hui, si on n&amp;#8217;est pas dans le contexte des strictes relations amicales, l&amp;#8217;invitation à un banya a plutôt une connotation de mauvais goût. Si vous êtes invité par un partenaire et non pas par un ami, cela signifie que votre partenaire russe essaie de mieux cerner votre personnalité. Le refus d&amp;#8217;y participer ne vous aliènera certainement pas vos partenaires, et, de toute façon, il n&amp;#8217;est pas question de devenir ami après une sortie pareille. Ce n&amp;#8217;est pas parce que deux personnes partagent l&amp;#8217;expérience du banya, qu&amp;#8217;ils deviennent amis, c&amp;#8217;est justement l&amp;#8217;inverse&amp;nbsp;: dans les relations personnelles, l&amp;#8217;invitation au banya vient après que l&amp;#8217;on ait établi une relation proche et que l&amp;#8217;on se soit découvert suffisamment d&amp;#8217;affinités. Si ce n&amp;#8217;est pas le cas, il faut chercher les raisons ailleurs&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En réalité, tous ceux  qui vivent ou travaillent depuis longtemps dans un pays étranger, savent par expérience que la prise en compte du contexte culturel local facilite les relations d&amp;#8217;affaires, mais ne représente un facteur ni indispensable, ni unique pour réussir. Et en allant plus loin je dirais que nombreux sont ceux qui, vivant depuis encore plus longtemps à l&amp;#8217;étranger, ont renoncé à chercher à expliquer le comportement de leurs partenaires locaux et acceptent que, au-delà des catégories culturelles, la réalité humaine n&amp;#8217;est pas réductible à des schémas définitifs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si au début d&amp;#8217;une relation d&amp;#8217;affaires à l&amp;#8217;étranger, le recours aux «&amp;nbsp;stéréotypes&amp;nbsp;», c'est-à-dire, à une forme de connaissance générique, peut nous apparaître utile pour anticiper le comportement de notre partenaire, on découvre plus tard que plus on connaît un contexte local, moins on a besoin de s&amp;#8217;accrocher à des schémas préétablis pour construire une relation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Et l&amp;#8217;on accepte progressivement que la clé n&amp;#8217;est pas tant dans la compréhension du &lt;em&gt;contexte culturel&lt;/em&gt; propre à notre  interlocuteur mais d&amp;#8217;abord dans notre capacité à créer avec lui un &lt;em&gt;contexte interactionnel&lt;/em&gt; dans le cadre duquel on va justement essayer de «&amp;nbsp;décoller les étiquettes&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La vraie question étant en définitive d&amp;#8217;aller à la rencontre d&amp;#8217;une personnalité unique, qu&amp;#8217;elle soit russe, chinoise ou indienne, en acceptant qu&amp;#8217;elle porte en elle, au-delà de sa culture, une vision du monde singulière&amp;#8230;&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;/images/cinecturlink/ded4&quot; alt=&quot;Ded&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;</content>
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<entry xml:lang="fr">
  <title>De la syntonie dans les équipes de direction</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/02/02/21-de-la-syntonie-dans-les-equipes-de-direction" />
  <issued>2007-02-02T17:48:49+01:00</issued>
  <modified>2007-02-02T17:48:49+01:00</modified>
  <id>http://www.blog-de-pierre.net/?2007/02/02/21-de-la-syntonie-dans-les-equipes-de-direction</id>
  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Intelligence collective</dc:subject>
  <summary>Il m’arrive parfois d’éprouver, à la fin de certains séminaires animés pour une équipe de direction, un sentiment analogue à celui qui se manifeste lorsque j’ai assisté à un concert particulièrement réussi et que le public commence à applaudir les musiciens. Ce sentiment trouve sa source dans cette manifestation, communément appelée « syntonie », qui rend compte de la  synchronisation spontanée des applaudissements, lorsque l'assistance enthousiaste passe des bruits anarchiques et des acclamations, au rythme plus ou moins rapide de toutes les mains frappant ensemble, jusqu'à convaincre le chanteur ou les musiciens de « bisser » leur prestation...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Il m&amp;#8217;arrive parfois d&amp;#8217;éprouver, à la fin de certains séminaires animés pour une équipe de direction, un sentiment analogue à celui qui se manifeste lorsque j&amp;#8217;ai assisté à un concert particulièrement réussi et que le public commence à applaudir les musiciens. Ce sentiment trouve sa source dans cette manifestation, communément appelée «&amp;nbsp;syntonie&amp;nbsp;», qui rend compte de la  synchronisation spontanée des applaudissements, lorsque l'assistance enthousiaste passe des bruits anarchiques et des acclamations, au rythme plus ou moins rapide de toutes les mains frappant ensemble, jusqu'à convaincre le chanteur ou les musiciens de «&amp;nbsp;bisser&amp;nbsp;» leur prestation...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien sûr, à l&amp;#8217;issue d&amp;#8217;un séminaire il n&amp;#8217;est pas spécialement question d&amp;#8217;applaudissements et encore moins pour les membres de l&amp;#8217;équipe, de réclamer une nouvelle tranche de travail&amp;#8230; mais d&amp;#8217;un &lt;em&gt;état d&amp;#8217;être particulier&lt;/em&gt;,  associé à ce moment vécu en commun.  Un état d&amp;#8217;être caractérisé par un sentiment de partage, de communion  avec chacun. La communication y est plus libre, les échanges sont à la fois plus denses et plus spontanés. La parole, qui, au début circulait laborieusement entre les uns et les autres, s&amp;#8217;est muée imperceptiblement en une sorte de dance, au rythme fluide et harmonieux.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;On a coutume de considérer que ces manifestations de syntonie se  produisent lorsque certaines conditions - telles que celles que l&amp;#8217;on peut précisément rencontrer dans les concerts -  sont réunies. La première de ces conditions est le sentiment de liberté,  c'est-à-dire le sentiment, pour les personnes présentes, d&amp;#8217;être venues en exerçant leur libre choix. Ce sentiment conditionne en effet un état de disponibilité, d&amp;#8217;accueil et d&amp;#8217;ouverture à ce qui va se passer. La seconde condition est  le &lt;em&gt;partage d&amp;#8217;une culture commune&lt;/em&gt;. C&amp;#8217;est effectivement le cas dans les concerts, dont l&amp;#8217;assistance  partage à priori - au moins pour ses  goûts musicaux &amp;#8211; des valeurs similaires. Enfin, la dernière condition est celle du projet partagé&amp;nbsp;: le groupe doit avoir un objectif en commun. Et il faut bien reconnaître qu&amp;#8217;au moment du lancement des applaudissements, l&amp;#8217;assistance partage très concrètement un «&amp;nbsp;projet commun&amp;nbsp;», celui, bien sûr, d&amp;#8217;amener les musiciens à jouer à nouveau pour eux&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Juste à quel point ces conditions sont elles transposables à l&amp;#8217;univers d&amp;#8217;un séminaire d&amp;#8217;équipe de direction&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Certes, il est rare que la participation à un séminaire soit optionnelle. Dans la mesure où il s&amp;#8217;agit  précisément d&amp;#8217;un moment important de la vie de l&amp;#8217;équipe,  la présence de chacun est requise. Le &lt;em&gt;sentiment de liberté&lt;/em&gt;, il faudra par conséquent aller le chercher plutôt dans l&amp;#8217;autorisation donnée - ou pas -  par le dirigeant, de profiter de ce moment où l&amp;#8217;on accepte, par construction, de «&amp;nbsp;sortir du cadre&amp;nbsp;», qu&amp;#8217;elle que soit finalement l&amp;#8217;utilité de ce cadre dans le quotidien opérationnel de la vie de l&amp;#8217;équipe. Si cette autorisation est donnée, comme le dit un de mes clients, alors la  «&amp;nbsp;bande passante&amp;nbsp;» de ce qui s&amp;#8217;échange entre lui, dirigeant, et ses collaborateurs, s&amp;#8217;élargit et permet de se débarrasser des à priori et limitations habituelles pour explorer plus librement les problématiques et enjeux à traiter.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La question de la culture commune est plus complexe. Je ne crois pas qu&amp;#8217;un séminaire d&amp;#8217;un ou deux jours, aussi réussi soit-il, puisse «&amp;nbsp;fabriquer&amp;nbsp;» de la culture commune. Il peut en revanche &amp;#8211; et c&amp;#8217;est même une de ses contributions principales &amp;#8211; faire émerger des éléments partagés (valeurs,  convictions, pratiques professionnelles, &amp;#8230;) jusqu&amp;#8217; alors présents à l&amp;#8217;état latent mais  que  le quotidien de la vie opérationnelle avait tendance à masquer. En jouant ce rôle de révélateur, le séminaire permet à chacun de revisiter (et en principe de renforcer) le lien qui le rattache à la communauté de travail à laquelle il appartient.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il nous reste maintenant à explorer la notion de projet commun. Bien sûr, avec cette dimension, on est en principe au c&amp;#339;ur du sujet. Et pourtant, le projet ne sera véritablement «&amp;nbsp;commun&amp;nbsp;» - et c&amp;#8217;est là la troisième condition &amp;#8211; que si chacun a le sentiment que le séminaire a permis, dans le cadre des orientations définies par le dirigeant, d&amp;#8217;aboutir à des conclusions qui n&amp;#8217;étaient pas prédéterminées à l&amp;#8217;avance. En d&amp;#8217;autres termes, le projet est commun si il est le produit, dans son élaboration définitive, de l&amp;#8217;intelligence collective et non pas de la seule volonté du dirigeant.
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Il y a quelques jours, j&amp;#8217;ai revécu, avec une intensité particulière, l&amp;#8217;expérience concrète et pleinement aboutie de ces trois conditions, rencontre souvent improbable entre le chaud et le froid, entre les enjeux de la rationalité économique et le besoin de partage et d&amp;#8217;engagement émotionnel de chacun au service du collectif.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Irvin Yalom, un thérapeute en « position basse »</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.blog-de-pierre.net/?2007/01/22/20-irvin-yalom-un-therapeute-en-position-basse" />
  <issued>2007-01-22T10:04:13+01:00</issued>
  <modified>2007-01-22T10:04:13+01:00</modified>
  <id>http://www.blog-de-pierre.net/?2007/01/22/20-irvin-yalom-un-therapeute-en-position-basse</id>
  <author><name>Pierre Forthomme</name></author>
  <dc:subject>Intelligence collective</dc:subject>
  <summary>Qu’est-ce que la « position basse » pour un thérapeute ?


Pour le docteur Irène Bouaziz, de l’école du paradoxe (cf. http://ecoleduparadoxe.com/) c’est avant tout une position d’équanimité et d’accueil. Accueil de l’autre et de soi, accueil de la situation, accueil de ce qui se vit et s’échange dans la relation et la rencontre avec le client.


Le thérapeute en position basse - quelle que soit sa compétence et son expérience – sait  qu’il ne sait pas ce qui est déterminant (cf pour régler le problème de son client) ; il a en revanche la conviction que le plus important va être  de contribuer à créer un contexte favorable permettant au patient de cheminer et de résoudre, avec lui, les problèmes qu’il est venu régler.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Qu&amp;#8217;est-ce que la «&amp;nbsp;position basse&amp;nbsp;» pour un thérapeute&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour le docteur Irène Bouaziz, de l&amp;#8217;école du paradoxe (cf. http://ecoleduparadoxe.com/) c&amp;#8217;est avant tout une position d&amp;#8217;équanimité et d&amp;#8217;accueil. Accueil de l&amp;#8217;autre et de soi, accueil de la situation, accueil de ce qui se vit et s&amp;#8217;échange dans la relation et la rencontre avec le client.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Le thérapeute en position basse - quelle que soit sa compétence et son expérience &amp;#8211; sait  qu&amp;#8217;il ne sait pas ce qui est déterminant (cf pour régler le problème de son client)&amp;nbsp;; il a en revanche la conviction que le plus important va être  de contribuer à créer un contexte favorable permettant au patient de cheminer et de résoudre, avec lui, les problèmes qu&amp;#8217;il est venu régler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par analogie, pour le consultant, le coach, pour tout intervenant mandaté pour «&amp;nbsp;résoudre des problèmes&amp;nbsp;» dans un système, la position basse présuppose qu&amp;#8217;il accepte que la valeur première de son intervention n&amp;#8217;est pas tant de trouver «&amp;nbsp;la solution&amp;nbsp;» mais de contribuer, sur un problème donné, à ouvrir toutes les options (pour régler le problème), y compris les options, auxquelles, lui, l&amp;#8217;intervenant, n&amp;#8217;aurait pas pensé.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette philosophie d&amp;#8217;intervention est un des présupposés de ceux, coachs ou thérapeutes, qui se reconnaissent dans l&amp;#8217;approche dite de «&amp;nbsp;Palo Alto&amp;nbsp;», mais elle ne se limite pas aux frontières de cette école de pensée. Nombreux sont les praticiens, souvent parmi les plus talentueux, qui manifestent cet état d&amp;#8217;être, sans le relier spécifiquement à une approche théorique particulière.
C&amp;#8217;est ce que j&amp;#8217;ai découvert en me familiarisant avec les travaux du grand psychiatre américain
Irvin Yalom.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Un de ses ouvrages les plus intéressants, intitulé &lt;em&gt;The Gift of Therapy&lt;/em&gt; est celui qu&amp;#8217;il destine aux «&amp;nbsp;apprentis thérapeutes&amp;nbsp;» et dans lequel il dévoile sa vision personnelle de la pratique de la relation d&amp;#8217;accompagnement thérapeutique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A la différence du cadre  psychanalytique traditionnel, par exemple,  Irvin Yalom estime qu&amp;#8217;il est important, de manifester de l&amp;#8217;empathie à ses patients et d&amp;#8217;établir une relation de proximité avec eux. A l&amp;#8217;occasion &amp;#8211; lorsqu&amp;#8217;il sent que c&amp;#8217;est ce dont ils ont besoin à ce moment là- il n&amp;#8217;hésite pas à  les toucher, les serrer dans ses bras. Il défend l&amp;#8217;idée que, en réalité, c&amp;#8217;est la relation qui s&amp;#8217;établit entre  un thérapeute et son client -  et non pas les interprétations du thérapeute &amp;#8211; qui donne de vrais changements en cours de thérapie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L&amp;#8217;analyse de cette relation, des sentiments que le client suscite chez le thérapeute, les discussions honnêtes consacrées aux interactions qui se produisent entre les deux partenaires de la relation thérapeutique, sont autant d&amp;#8217;outils de travail qu&amp;#8217;Irving Yalom met à la disposition de la nouvelle génération de thérapeutes. Il invite tous ceux qui veulent repenser leurs propres méthodes de travail à explorer les liens qu&amp;#8217;ils construisent avec leurs clients et d&amp;#8217;en faire le matériau n°1 de leur intervention.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Ce travail demande beaucoup de courage, surtout, pour des spécialistes habitués à travailler autrement&amp;nbsp;: non, pour Irving Yalom, le thérapeute, n&amp;#8217;a pas vraiment besoin de se protéger derrière cette figure puissante et impénétrable qui soumet ses clients à un examen minutieux. Non, il n&amp;#8217;est pas non plus ce détective qui explore la vie de son client, à la recherche des éléments manquants permettant de deviner ses motifs cachés. Et il est encore moins, cet archéologue qui enlève, couche après couche, la poussière qui couvre la vraie personnalité de son client&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour Irving Yalom, une des raisons principales pour lesquelles le patient se retrouve en thérapie,  c&amp;#8217;est qu&amp;#8217;il n&amp;#8217;arrive pas à élaborer des rapports nourrissants avec son environnement  et la thérapie représente pour lui une occasion d'établir  une relation «&amp;nbsp;donner/recevoir&amp;nbsp;»  qui soit plus satisfaisante, à la différence de ce qu&amp;#8217;il vit à l&amp;#8217;extérieur. Ainsi, si le client confie à son thérapeute des révélations très intimes, celui-ci  doit pouvoir les accueillir avec empathie et chaleur humaine, afin notamment que le client perçoive qu&amp;#8217;il est important pour lui.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Quarante cinq ans de la pratique clinique ont amené Yalom à admettre que le client et le thérapeute sont des «&amp;nbsp;compagnons de route&amp;nbsp;» dans la thérapie,  deux êtres humains qui traitent de problèmes existentiels importants et doivent travailler ensemble pour les résoudre. Et l&amp;#8217;accueil de l&amp;#8217;autre, accueilli comme une autre soi-même,  est le cadeau le plus précieux que le thérapeute peut donner à son client&amp;#8230;&lt;/p&gt;</content>
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